La paix en Palestine commencera-t-elle à Annapolis?
Le 27 novembre prochain Ehoud Olmert, le premier ministre israélien, et Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, se retrouveront dans la ville américaine d’Annapolis. Cette réunion, initiée par l’administration Bush, vise à relancer le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens. Ils ouvriraient ainsi des négociations en vue de signer, d’ici une année, un accord de paix avant la fin du mandat de Georges W. Bush. Car l’engagement plutôt timide du président américain dans la résolution de ce conflit pèse sur son image dans la région. Aussi, s’efforce-t-il de convaincre Syriens et Saoudiens de se rendre à Annapolis, un moyen de signifier sa nouvelle détermination à obtenir une résolution multilatérale au conflit. Et terminer son mandat sur une note plus positive.
Face aux espoirs américains, s’accumulent les doutes et la méfiance des Israéliens et des Palestiniens. Ces derniers n’ont pas pu s’entendre sur le contenu d’une déclaration destinée à poser les bases de leurs prochaines négociations (post-Annapolis). Malgré les signes encourageants des Israéliens (libération de 450 prisonniers palestiniens et déclaration de la fin de toute nouvelle colonie), Mahmoud Abbas attend des engagements concrets au sujet de Jérusalem, du statut d’un futur Etat palestinien, du droit de retour des réfugiés… Des questions sensibles où la profondeur des divergences reste encore béante. Car Ehoud Olmert exige aussi la fin des activités terroristes du Hamas, au pouvoir à Gaza. Poursuivi par la justice de son pays, le premier ministre israélien doit remonter la pente raide d’une opinion publique peu satisfaite. Si geler la colonisation ne le dérange pas, le premier ministre s’oppose au démantèlement des colonies actuelles et à la diminution des contrôles militaires qui ponctuent la vie quotidienne des Palestiniens.
Les deux hommes, fragilisés dans leur contexte politique respectif, se rendront à Annapolis pour une énième réunion où les termes opaques et circonspects de leurs discours laisseront miroiter aux Américains l’illusion du début d’une solution… Illusion dans laquelle les Palestiniens comme les Israéliens ne tomberont pas. Certes, Annapolis marque le retour attendu des Américains et de la communauté internationale sur la scène israélo-palestinienne, mais elle confirme aussi la hauteur des obstacles à gravir avant la conclusion d’un accord de paix.
Si vous avez apprécié cet article, s'il vous plait, prenez le temps de laisser un commentaire ou de souscrire au flux afin de recevoir les futurs articles directement dans votre lecteur de flux.

Commentaires
Pas encore de commentaire.
Laisser un commentaire