Genève sévit contre ses mendiants

Les autorités de la Ville et du Canton de Genève lancent leur plan de lutte contre la mendicité. Alors qu’un projet de loi doit être discuté au Grand Conseil à la fin de ce mois, Ville et Canton souhaitent mettre un terme à la recrudescence de mendiants roms. Ces derniers profiteraient du flou juridique qui entoure la règle interdisant la mendicité. Depuis juin 2007, le conseiller d’Etat au département des Institutions, Laurent Moutinot, soutient la suspension de cette règle suite à l’adoption en janvier 2007 du nouveau code pénal.

Le nouveau plan d’action vise à «créer une situation d’inconfort pour les mendiants», déclare Pierre Maudet, conseiller administratif en charge de la Sécurité municipale, dans la presse d’aujourd’hui (Tribune de Genève, 13 novembre 2007). Dans un premier temps, ils seront évacués de leurs logements précaires (sous les ponts) et logés dans les abris de la protection civile. Durant les 10 nuits qui leurs seront accordées, ils devront trouver par eux-mêmes une «solution plus durable» ou partir !

Dans un deuxième temps, les mendiants se verront régulièrement contrôlés par le Groupe d’îlotage communautaire, composés de gendarmes et d’agents municipaux. Ceux qui se trouvent en situation irrégulière seront alors expulsés du territoire selon les lois sur le séjour des étrangers. Des «personnes de relais» veilleront à transmettre aux personnes dans la rue le message de nos autorités.

La Ville et le Canton se défendent d’avoir maintenu un volet social qui reste bien timide face au sévère volet répressif. L’objectif de ce plan étant de décourager les Roms à venir mendier chez nous, comment peut-on parler d’une action «empreinte de respect de la personne humaine» ?

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